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![]() Le Docteur Didier Chapelot, Médecin et Chercheur au Laboratoire de Neurobiologie de la Nutrition, Faculté X. Bichat, Paris, répond ici à quelques clichés qui ont la vie dure… > Chocolat et migraine
![]() En effet, si l’on procède à une recherche exhaustive des publications scientifiques concernant l’éventuel effet néfaste du chocolat sur l’acné, on s’aperçoit qu’elles cessent en...1969 ! Par une réfutation catégorique de cette accusation d’ailleurs. En effet, l’équipe de Kligman (2) fit consommer quotidiennement, durant un mois, une barre chocolatée (soit 50 g de chocolat) ou non, à 65 patients atteints d’acné. L’état de leur acné était évalué à la fin de chacune des périodes de consommation. Si le chocolat n’exerça le plus souvent aucune amélioration sur l’acné, il ne pouvait pas non plus être accusé du moindre effet aggravant. L’idée initiale incriminant le chocolat était que la rétention de sébum dans les glandes sébacées (cause mécanique de l’acné) provenait de son épaississement excessif, ce qui empêchait son évacuation. Cet épaississement était dû, d’après cette théorie, à sa composition en lipides. Plus il était riche en acides gras saturés, plus le sébum était épais. Le chocolat contenant pour 2/3 d’acides gras saturés, il était logique d’en déduire qu’il était à l’origine d’un épaississement du sébum. Mais deux erreurs rendent effectivement cette théorie irrecevable. La première, c’est que l’acide gras saturé du chocolat est avant tout l’acide stéarique, qui se désature rapidement dans l’organisme et devient du coup un acide gras insaturé (celui de l’huile d’olive). La seconde était de faire de la glande sébacée un lieu de transit du gras consommé, qui excrèterait un sébum dont la composition en lipides reflèterait celle de l’alimentation. En fait, contrairement à nos cellules du tissu adipeux, les glandes sébacées produisent un sébum dont la composition en lipides est relativement constante, quelle que soit notre alimentation ! Il faut être pragmatique. Une absence de preuve n’est pas une absence de réalité. Cependant, il est assez injuste que la moindre évocation de l’effet néfaste supposé d’un aliment, fondé sur je ne sais quelle impression, puisse être à l’origine de l’exclusion de cet aliment. L’acné obère déjà suffisamment la qualité de vie des adolescents pour ne pas en rajouter.
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